Une citadelle posée sur un rocher blanc, des falaises qui filent de chaque côté et une eau turquoise cent mètres plus bas. J’ai pas mal voyagé, et je le dis sans trembler : Bonifacio est l’une des plus belles villes de France, et sans doute du monde.
Mais elle a aussi le succès qui va avec. Alors que faire à Bonifacio sans voir son séjour filer entre les doigts ? Les touristes sont nombreux et les prix grimpent. Le piège est réel : on tourne pour se garer, on piétine, et trois jours plus tard on n’a rien découvert d’autre que des terrasses bondées. C’est exactement ce que cet article veut vous éviter. Je vous raconte ce que j’ai vu et testé sur place. Les visites qui valent le coup, d’abord. Puis les balades qui mènent à des plages où l’on n’arrive pas en voiture, mes adresses, et enfin les infos pratiques que j’aurais adoré avoir avant de partir.


Sommaire
- Que faire à Bonifacio en bref
- Flâner dans la citadelle et ses ruelles
- Descendre l’escalier du Roy d’Aragon
- Le cimetière marin et l’escalier du Gouvernail
- Les falaises et le Gouvernail de la Corse
- Les îles Lavezzi en bateau
- Les plus belles randonnées autour de Bonifacio
- Où se baigner : les plages
- Où voir le plus beau coucher de soleil
- Où manger à Bonifacio
- Où dormir à Bonifacio
- Que faire autour de Bonifacio
- Infos pratiques pour votre séjour
- Visiter Bonifacio en 1, 2 ou 3 jours
- Questions fréquentes
- Ma carte de Bonifacio
Que faire à Bonifacio en bref
Avant d’entrer dans le détail, voici les grandes lignes pour vous aider à visualiser le séjour.
- Durée idéale : 3 jours pour l’essentiel sans courir, 4 pour ajouter une vraie journée de marche
- Mes coups de cœur : la citadelle et la randonnée des falaises au petit matin, l’escalier du Gouvernail, les îles Lavezzi, la plage Saint-Antoine
- À voir absolument : la haute ville et ses strette, ces ruelles étroites du parler bonifacien, le chemin de ronde des remparts restaurés, l’escalier du Roy d’Aragon, le cimetière marin, les falaises depuis la mer
- Y aller : vol jusqu’à Ajaccio (2h45 de route ensuite), ou ferry avec sa propre voiture. Figari est plus proche mais moins bien desservi
- À réserver à l’avance : la voiture de location, l’hébergement, les restaurants, et la dépose aux Lavezzi en juillet-août
- À prévoir : de vraies chaussures de marche, beaucoup d’eau, et un hébergement avec parking
- Le piège classique : partir en randonnée ou à la plage en milieu de journée. Ici, tout se joue avant 10h
- Meilleure période : juin, ou septembre pour éviter les familles
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Flâner dans la citadelle : des ruelles à l’accent italien
C’est ce que j’ai préféré. Et c’est gratuit, ce qui à Bonifacio mérite d’être souligné.
La ville haute se parcourt à pied, sans plan et sans objectif. Les façades ont cette couleur sable qui vire selon l’heure, les ruelles sont étroites, et il y a des terrasses un peu partout. J’y étais en juin : on circule, on trouve une table, on respire. En août, le programme est le même mais avec du monde dedans.
Ce qui frappe vite, c’est que la citadelle ne ressemble pas au reste de la Corse. Elle ressemble à l’Italie. Ce n’est pas une impression : Gênes et Pise ont façonné cette ville, et ça se lit encore dans le tracé des rues.
Petit avertissement avant de commencer : je vous donne ici l’essentiel. Mes belvédères repérés un par un, les ruelles les plus photogéniques et les accès précis sont épinglés sur ma carte.

Du quartier génois au quartier pisan
Tout est parti de l’église Sainte-Marie-Majeure, érigée au XIIe siècle. Les ruelles et les maisons se sont organisées autour d’elle, en épousant les pentes du rocher. D’où l’étroitesse des strette, ces petites rues où l’on se croise en rentrant le ventre. Le mot vient du parler bonifacien, qui doit beaucoup au ligure et pas grand-chose au corse. Stretta veut dire étroite, et croyez-moi, le mot est bien choisi.
Levez la tête, c’est là que ça se passe. Les portes en bois sont si lourdes qu’on hésite à les pousser. Les sculptures en façade reprennent des armoiries et racontent l’histoire des familles. Et les escaliers extérieurs sont tellement raides qu’ils tiennent de l’échelle de meunier. Habiter la citadelle, ça se méritait. Si les étages sont percés d’autant de fenêtres, c’est que la lumière était un signe de richesse et que personne ne s’en privait. Le rez-de-chaussée, lui, servait aux activités économiques, et c’est encore souvent le cas.
Descendez ensuite vers le quartier pisan : le changement se sent tout de suite. Les rues s’élargissent, même si le soleil met du temps à y entrer le matin. Les escaliers restent biscornus, mais le fer forgé apparaît. Le blanc de la chaux s’impose, les dalles sont plus larges, les bâtiments plus sobres. Le gothique des églises est toujours là, mais l’ensemble respire autrement.


Les rues, les places et deux arrêts gourmands
Chaque placette a son caractère. Les Bonifaciens ne vous diront pas qu’ils habitent la ville haute. Ils sont de la rue Longue, de la place Carrega ou de la rue Doria, et enfants de l’église Saint-Jean-Baptiste ou de Saint-Dominique. Leurs confréries comptent énormément pour eux.
Un mot avant d’engager la conversation : la macagna, cet humour local un peu taquin, est ici pratiquement un sport régional. Si on vous chambre, c’est bon signe.
Deux arrêts que je recommande vraiment. La boulangerie Sorba, rue Saint-Dominique, d’abord. Les odeurs de biscuits et de pain des morts sortent jusque dans la rue, et je vous mets au défi de passer devant sans ralentir. Huit variétés de canistrelli, cinq de fugazzi, et la spécialité de la ville dont je vous parle juste après. Il existe une seconde adresse sur la marine, à côté de l’église Saint-Érasme, si vous préférez faire vos emplettes en bas.
Et le glacier Rocca Serra, ensuite, pour une glace artisanale quand la chaleur retombe.
Le pain des morts, la spécialité qui intrigue tout le monde
Le nom fait sursauter, je vous l’accorde. Le pain des morts, panu di i morti en corse, est pourtant la douceur emblématique de Bonifacio : une brioche dense, gorgée de noix et de raisins secs, avec un zeste de citron.
Il se préparait à l’origine pour le 2 novembre, le jour des défunts. La veille, les Bonifaciens en laissaient un sur la table de la cuisine, porte ouverte et cheminée allumée, en disant que les morts venaient se ravitailler dans la nuit. En réalité, ce sont les voisins les plus démunis qui passaient le prendre. C’est plus joli comme ça, et plus généreux aussi.
Aujourd’hui, on en trouve toute l’année. Un détail pour briller en terrasse : si vous voyez écrit « pain des Maures » quelque part, c’est une déformation. Le nom vient bien du jour des morts.

Le Bastion de l’Étendard et les remparts restaurés
Le Bastion de l’Étendard, c’est l’entrée en matière quand on monte du port : l’esplanade s’ouvre d’un coup sur le goulet et la mer. Première claque.
Mais la vraie découverte est plus loin, à la pointe de la péninsule. Vous traversez le site des anciennes casernes, vous passez devant l’ancienne chapelle Sainte-Marie-Madeleine, devenue maison des confréries. Si vous entendez chanter, c’est la chorale Coro di Sole qui répète. Vous rejoignez ensuite le cimetière marin. Et c’est tout au bout que se trouve le plus impressionnant.
Le Bastion se visite, comptez 3,50 €. Ses salles souterraines abritent une exposition sur mille ans de fortifications et sur l’histoire de la ville. Soyons honnêtes : passionnant si vous aimez l’histoire, nettement moins si ce n’est pas votre truc. Dans ce cas, gardez votre billet pour l’escalier du Gouvernail, l’esplanade et la vue sur le goulet restent gratuites.

La Batterie Saint-François et son chemin de ronde
Ici, on parle du chantier du siècle, sans exagération. Les fortifications ont été construites entre le XIIe et le XXe siècle, et elles sont classées Monument historique depuis 1929. On parcourt le chemin de ronde, on regarde par les meurtrières, on emprunte les escaliers intérieurs, on longe la tour Fanale.
Le plus étonnant : on peut descendre jusqu’au niveau de la mer depuis la forteresse. Sensation vraiment particulière. Et le détail que j’adore : quand vous partirez en bateau, vous repérerez l’ouverture dans la falaise depuis le large. Faites la descente, puis regardez la roche depuis l’eau. Vous saurez exactement où vous étiez debout.
La vue sur le Goulet est vertigineuse, cette entrée de mer étroite par laquelle défilent tous les bateaux du port. En face, le phare de la Madonetta, qui veille sur l’accès maritime depuis 1854, vous fait de l’œil pour une future balade.
Descendre l’escalier du Roy d’Aragon
189 marches taillées dans la falaise, 30 minutes environ, 5 € pour un adulte et 2 € pour un enfant.
C’est la visite payante la plus connue de Bonifacio et elle vaut son prix. L’escalier plonge dans le vide sur une soixantaine de mètres, et ce qu’on voit en descendant n’a rien à voir avec la vue d’en haut. À la descente, tout va bien. C’est au retour qu’on se souvient qu’on a des mollets.
Quelques contraintes cueillent pas mal de monde à l’entrée. Les chaussures fermées à semelles plates sont obligatoires. Tongs et sandales, c’est non, et personne ne négociera avec vous. Le casque est fourni. Les marches sont irrégulières, il faut donc une condition physique correcte. Les enfants doivent être accompagnés, et les moins de trois ans portés dans un porte-bébé. Les chiens restent dehors. Bonne nouvelle en revanche, votre billet est valable jusqu’à la fin de l’année en cours. Pratique si la météo se gâte et que vous préférez revenir.


Les horaires bougent selon la saison : 9h-19h30 en juillet-août, 9h-18h30 en septembre, 10h-17h30 en avril-mai, et 10h-17h d’octobre au 11 novembre. Il existe aussi des Pass 2 monuments et 3 monuments si vous enchaînez plusieurs sites de la citadelle. Renseignez-vous à l’office de tourisme, c’est vite rentabilisé.
Le cimetière marin, la visite qui surprend
Un cimetière dans un article de vacances, je sais. Faites-moi confiance sur ce coup-là.
Il est à l’autre bout de la péninsule, tout au bout de la ville haute. Les caveaux ressemblent à de petites maisons blanches accolées, alignées en ruelles, et on passe de l’une à l’autre comme dans un village miniature. Chaque famille a marqué son identité dans la construction de la sienne. La vue est sublime, face à l’immensité de la mer. C’est poétique, et ça tranche complètement avec l’effervescence de la ville en contrebas.
À faire dans le calme et le respect, évidemment : c’est un lieu de recueillement avant d’être un point de vue.
Pour moi, c’est le plus beau cimetière que je connaisse, avec celui de Menton.



L’escalier du Gouvernail, le tunnel que presque personne ne connaît
C’est ma plus belle surprise de Bonifacio, et elle se trouve juste là, sur l’esplanade du cimetière marin. Pourtant, la quasi-totalité des visiteurs passe devant sans s’arrêter.
Attention à ne pas confondre. Le Gouvernail de la Corse est le rocher que l’on voit depuis la mer, et dont la forme évoque le gouvernail d’un navire. L’escalier du Gouvernail est le tunnel creusé dans la falaise qui descend jusqu’à lui. Deux choses différentes, donc, et seule la seconde se visite. Vous suivez ?


168 marches jusqu’à la fenêtre dans la falaise
168 marches creusées dans la roche en 1880 par le génie militaire. On les compte à la remontée, croyez-moi. On descend d’abord dans un boyau taillé à même le calcaire. Puis on ressort à une dizaine de mètres au-dessus de l’eau, dans une salle souterraine ouverte sur le vide. Ce n’est pas un belvédère aménagé, c’est une ouverture brute dans la falaise. La vue plonge sur l’entrée du Goulet et donne une perspective sur le port qu’aucun autre point de vue de la ville n’offre.
Le site n’a rien de décoratif à l’origine. C’était un poste de surveillance du détroit. Un puissant projecteur y balayait la mer la nuit, un peu à la manière d’un phare, pour repérer ce qui entrait dans les Bouches de Bonifacio.
Le détail que j’adore : depuis le bateau, on aperçoit la fenêtre dans la roche. Si vous faites la promenade en mer après cette visite, cherchez-la. Vous verrez exactement l’endroit où vous étiez debout.
Voir les falaises de Bonifacio et le Gouvernail de la Corse
Deux positions, deux spectacles différents. Prenez les deux si vous pouvez.
Depuis la terre
Le meilleur point de vue terrestre se mérite un peu, et c’est ce qui le rend bon. Il faut prendre le sentier de Campu Rumanilu, qui part de la chapelle Saint-Roch et grimpe sur la falaise. Tous les détails sont plus bas.
On y voit U Diu Grossu, ce doigt de roche détaché de la falaise que tout le monde appelle le Grain de Sable. Puis, en continuant, la citadelle apparaît sous un angle qu’on ne voit normalement que depuis un bateau. Sauf qu’ici vous êtes à pied, et vous n’avez rien payé.
Pour le Gouvernail de la Corse, ce rocher qui sort de l’eau à la pointe sud, poussez jusqu’au sentier de Pertusatu. Le chemin qui descend vers la plage Saint-Antoine vous offre alors les deux d’un coup.

Depuis la mer
Les promenades partent en continu de la marina. La compagnie historique est la SPMB, Société des Promenades en Mer de Bonifacio. Impossible de rater sa grande guérite en bois sur le port. Une formule pour chaque envie et chaque budget, du quart d’heure de curiosité à la journée entière.

Une heure devant vous ? Le circuit n°1, l’essentiel de Bonifacio, dure 1h05. Comptez 26 € par adulte et 16 € pour un enfant de 4 à 12 ans, gratuit en dessous. Départs permanents, sans réservation. Il longe les falaises et les grottes, pousse jusqu’au phare de Pertusato et passe par la grotte de l’Orca, aussi appelée grotte du Chapeau de Napoléon. Ce qui saisit depuis le bateau, ce sont les maisons serrées au bord du vide. Vues d’en bas, on se demande sincèrement comment elles tiennent. Les Bonifaciens, eux, ne se posent plus la question depuis un moment.
Une précision qui évite la déception : la fameuse grotte du Sdragonato, celle dont l’ouverture dessine la carte de la Corse au plafond, n’est plus visitable pour des raisons de sécurité.
Plus de temps ? Le circuit n°3 ajoute les îles Lavezzi, Cavallo et Piantarella en 2 heures sans escale, à 36 € par adulte, avec un bateau équipé de puits de vision sous-marine. Avec des enfants, c’est l’option qui achète la paix pour deux heures.



Réserver sa sortie en mer à l’avance
Deux options si vous préférez réserver en amont plutôt que de faire la queue au guichet. La première part du port principal et se concentre sur les falaises, la citadelle vue du large et les grottes marines, en 1h30.
> Visiter Bonifacio par la mer
La seconde embarque depuis la plage de Piantarella, sur un semi-rigide de 12 mètres. On entre dans les grottes marines et on longe les baies du littoral, au cœur de la réserve naturelle. Plus sportif, plus proche de l’eau, et en petit groupe. Attention au point de départ en revanche, ce n’est pas le port. Vérifiez deux fois avant de partir, ça évite le sprint de la dernière minute.
> Sortie en semi-rigide dans la réserve des Bouches de Bonifacio
Et pour ceux qui préfèrent la tranquillité au bateau-navette : vous pouvez louer un bateau avec son capitaine. C’est le principe de Samboat, qui met en relation propriétaires et voyageurs. Vous partez en petit comité ou en amoureux, vous choisissez vos escales, et le propriétaire connaît ses coins, ce qui, croyez-le, ne s’achète pas ailleurs. Louer un bateau à Bonifacio avec Samboat

Aller aux îles Lavezzi en bateau
Une trentaine de minutes de bateau, et c’est la journée que je recommande le plus de tout cet article.
D’abord, une précision qui évite bien des déceptions au moment de réserver. On parle des îles Lavezzi au pluriel, mais il s’agit d’un archipel d’une centaine d’îlots et de rochers, dont la plupart sont interdits d’accès puisqu’on se trouve dans une réserve naturelle. La navette vous dépose sur une seule d’entre elles, l’île Lavezzu, la plus grande. C’est là que se passe la journée, et croyez-moi, elle suffit largement.
Le bon choix, c’est la formule dépose, autrement dit le circuit n°4 de la SPMB : le bateau vous laisse sur l’île et vous choisissez vos horaires d’aller et de retour. Comptez 37 € par adulte et 26 € par enfant, gratuit avant 4 ans, au guichet de la marine et sans réservation.

Notez bien les horaires, ce sont eux qui construisent votre journée. Les départs ont lieu toutes les heures de 9h à 16h, les retours toutes les heures de 11h30 à 17h30. Trente minutes de traversée dans chaque sens. Vous pouvez donc rester deux heures comme la journée entière, à vous de décider une fois sur place.
Prenez la première rotation du matin. Trois raisons, et elles comptent toutes. Sur l’île, c’est premiers arrivés premiers servis : les criques sont nombreuses et fabuleuses, mais les meilleures se remplissent vite. Sur le trajet aller, vous longez la citadelle et les falaises avec une lumière douce et une mer calme. Et surtout, l’après-midi la mer se lève souvent : le bateau passe alors plus au large, avec plus de monde à bord. Vos photos, faites-les le matin.
Faire le tour de l’île Lavezzu à pied
Une fois sur place, ne vous installez pas sur la première plage venue. Un sentier fait le tour de l’île, et c’est de loin la meilleure façon de l’aborder.
Mon conseil : partez sur la gauche en débarquant. Vous rejoignez ainsi une première plage de rêve, et à la première heure vous y êtes seuls. Sable clair, eau translucide, rochers de granit tout autour. On se croirait aux Seychelles, et je pèse mes mots.

L’abri néolithique et les ruines du sentier
Ensuite, le chemin continue et le décor change. Vous passez devant un abri sous roche occupé dès le néolithique, puis devant des ruines qui viennent animer ce paysage de carte postale. C’est ce mélange qui fait tout : on ne vient pas seulement bronzer, on marche sur une île où des gens vivaient déjà bien avant que quiconque ait l’idée d’y poser une serviette.
En terminant la boucle, cherchez bien. Une plage se cache près d’immenses rochers rondouillards où nichent des oiseaux marins. N’allez pas les embêter, c’est leur île avant d’être la nôtre.
Entre deux étapes, j’ai adoré me déplacer d’une crique à l’autre en plongeant à chaque fois. Mes plus beaux spots sont sur ma carte, avec les criques que je referais et celles qui se remplissent en premier.
Certaines formules ajoutent au retour le tour de l’île Cavallo, commenté au micro. Idéal pour comprendre ce que vous êtes en train de regarder.



Rejoindre les Lavezzi en catamaran
Autre approche, plus lente et plus jolie : la balade en catamaran avec snorkeling. Le départ se fait depuis la plage de Piantarella et non depuis le port, le rythme est celui de la voile, et le matériel de snorkeling est fourni. En revanche, vous ne choisissez pas vos horaires sur l’île comme avec la formule dépose.
> Balade en catamaran aux îles Lavezzi avec snorkeling

Et si vous avez envie de vous faire vraiment plaisir un soir, la SPMB propose depuis peu une Expérience Signature : départ à 18h30, navigation au coucher du soleil, escale dans la réserve puis table à partager dans une crique confidentielle, avec retour de nuit. Comptez 2h30 et 95 € par adulte, sur réservation et en places limitées. Je ne l’ai pas testée, donc je ne vous promets rien. Mais elle est déjà notée pour un prochain séjour.
Les plus belles randonnées autour de Bonifacio
Ma partie préférée de ce guide. Voici les sentiers que j’ai parcourus, plus un que j’ai repéré pour une prochaine fois. Aucun ne demande d’être un randonneur chevronné.



Campu Rumanilu, celle qu’il ne faut pas rater
Boucle d’environ 3,5 km, de 45 minutes à 1h30, facile. Départ à la chapelle Saint-Roch : tournez le dos à la haute ville et prenez le chemin dallé qui grimpe sur la falaise.
Même si vous ne marchez jamais, faites celle-là. Vous êtes à quatre-vingts mètres au-dessus des falaises, et en une heure vous basculez du patrimoine médiéval au patrimoine naturel.
C’est ici qu’on voit U Diu Grossu, puis la citadelle sous cet angle réservé d’ordinaire aux gens en bateau. Le chemin dallé du début se transforme vite en sentier de terre, et la ville disparaît derrière vous en quelques minutes. Ensuite, ça monte tranquillement vers le sud-est, sans aucune difficulté technique.
Faites-la au petit matin. C’est mon meilleur souvenir de Bonifacio, et à cette heure le sentier est presque désert alors qu’il ne désemplit pas en journée. La lumière rasante sur le calcaire fait le reste.

Le sentier de Pertusatu, jusqu’à Saint-Antoine
Environ 6 km aller-retour, 2 heures, facile à modérée avec quelques passages rocheux. Départ dans le prolongement de Campu Rumanilu.
C’est la suite logique de Campu Rumanilu, et le prolongement en vaut vraiment la peine. On marche cent mètres au-dessus de l’eau, le vide à main gauche et le maquis à main droite. Calcaire blanc, mer turquoise. On se dit qu’on va s’habituer au contraste, et on ne s’y habitue jamais.
Le phare de Pertusatu date de 1844. Le sémaphore voisin est toujours en service et surveille le trafic du détroit, qui reste l’un des plus délicats de Méditerranée. Attendez-vous donc à croiser des installations militaires en chemin.
Mais le vrai temps fort arrive juste après. Le sentier qui descend du phare ouvre sur la plage Saint-Antoine et le Gouvernail de la Corse, tous les deux d’un seul coup d’œil. C’est de là que vient ma photo préférée du séjour, et j’ai épinglé l’emplacement exact sur ma carte. Ensuite, à vous de voir : on peut descendre se baigner ou faire demi-tour.


A Strada Vecia, la grande boucle vers Paragan
Boucle d’environ 10 km, 3 heures, facile à modérée. Départ de la Marine de Bonifacio : direction le camping, puis après la station essence, prenez à gauche la voie pavée bordée d’un haut mur.
Son nom ne ment pas : cette route est très ancienne. Elle remonte à l’époque génoise et reliait Bonifacio à Sartène, quarante-cinq kilomètres plus loin. On en parcourt aujourd’hui une belle portion, en surplomb du maquis et de plages sauvages où l’on peut s’arrêter pour un bain ou un pique-nique. Ce sentier dessert des plages qu’on ne peut atteindre qu’à pied, et ça change tout.
Voilà comment nous l’avons organisée, et je referais exactement pareil. À la fraîche, la portion la plus longue d’abord, jusqu’à la plage de Paragan. C’est là que le calcaire et le granit se rencontrent, et le changement de roche se voit à l’œil nu. Ensuite, une trace mène à l’anse de Fazzio et sa calanque, reconnaissable à ses deux îlots. Puis vient un long passage en bord de falaise, vraiment très beau, jusqu’à la Madonetta, qui surplombe l’entrée du détroit. Et juste avant de descendre sur la plage de l’Arinella, la vue s’ouvre sur Bonifacio : la citadelle est bien exposée, la lumière est meilleure l’après-midi ou avant le coucher du soleil.
En chemin, ouvrez l’œil. Les oléastres, ces oliviers sauvages, et les lianes de salsepareille tiennent le terrain, et avec un peu de chance vous croiserez l’algiroide nain, un minuscule lézard endémique corso-sarde. Les griffes de sorcière, elles, sont des plantes envahissantes qui n’ont rien à faire là.



Le retour par l’Araguina et la Dame de Bonifacio
Le retour passe par l’Araguina, et ce détail vaut le déplacement à lui seul : c’est ici qu’ont été retrouvés les ossements de la Dame de Bonifacio, le plus ancien vestige humain de Corse, daté de 6570 avant Jésus-Christ. Vous marchez sur un site occupé depuis plus de huit mille ans. De quoi relativiser la file d’attente du matin. Si vous voulez la voir, elle n’est plus ici : la Dame de Bonifacio est exposée au musée de l’Alta Rocca, à Levie, à une heure de route.
Pour la suite du retour, c’est selon votre courage : revenir par la boucle, ou longer la côte et les calanques jusqu’au port. Je n’ai pas fait cette deuxième option, donc je ne vous raconterai pas de bêtises sur l’état du sentier.
Le sentier de Fenu, pour aller plus loin
Environ 9 km, 4h30 sans le retour, modérée avec des passages escarpés. Deux départs possibles, depuis l’anse de Paragan ou depuis la Tonnara. Sentier balisé, avec des cairns dans les passages rocheux.
Celui-là, je ne l’ai pas fait. Je vous le signale quand même, parce que c’est le plus sauvage du secteur et qu’il figure en bonne place sur ma liste des regrets.
Ce qui donne envie : le phare de Fenu, les criques discrètes du parcours, et les ruines d’une tour génoise qui surveillait autrefois les incursions barbaresques. Comptez une vraie demi-journée et partez tôt, il n’y a aucune ombre.
Pour l’itinéraire détaillé et le balisage, l’office de tourisme publie une fiche à jour sur le sentier de Fenu. Je préfère vous y renvoyer plutôt que de vous décrire un sentier que je n’ai pas parcouru.

De Piantarella à Grand Sperone, par l’île Piana
Pas un sentier balisé, mais un enchaînement plage-marche-baignade. Comptez la journée pour profiter.
La sortie la plus ludique, et celle qui met les enfants d’accord.
Depuis la plage de Piantarella, on peut traverser à pied dans l’eau jusqu’à l’île Piana, inhabitée, et ses récifs. L’eau monte jusqu’à la taille, parfois un peu plus, parfois un peu moins selon l’endroit. J’ai vu des gens faire la traversée avec leur sac de plage en équilibre sur la tête, façon procession. C’est original, et c’est typiquement le truc qu’on raconte en rentrant.


Sinon, en reprenant le sentier au sud de Piantarella, direction la plage du Petit Sperone. Elle est vraiment trop jolie, et vite prise d’assaut. Allez-y avant midi, sinon il ne vous restera qu’à poser votre serviette sur celle du voisin. De là, on marche le long du golf pour rejoindre Grand Sperone : plus large, plus de vagues car moins abritée, mais parfaite pour son eau turquoise et son sable blanc. Et si vous poussez le sentier un peu plus loin, vous trouverez des rochers d’où observer des poissons et des fonds marins.
Sur cette journée, il y en a pour tout le monde : la traversée à gué, la jolie plage, le grand bain et le snorkeling. Mais attention, le soleil tabasse.

Où se baigner à Bonifacio : les plages
Mauvaise nouvelle : Bonifacio n’a pas de grande plage au pied de la ville. Bonne nouvelle : c’est précisément ce qui préserve les plus belles. Il faut soit la voiture, soit les jambes.
Piantarella est la plus simple d’accès en voiture, et c’est de là que part la traversée vers l’île Piana puis la marche vers le Petit et le Grand Sperone comme expliqué au-dessus. Paragan se rejoint à pied par A Strada Vecia, ou en voiture par la piste depuis la RN196. C’est la plus longue portion de marche depuis Bonifacio, donc partez tôt. Dans son prolongement, l’anse de Fazzio et ses deux îlots forment une petite calanque, et l’Arinella clôt la boucle avec une belle vue sur la citadelle juste avant d’y descendre.
Les accès exacts et les zones où se garer sont sur ma carte. Croyez-moi, sur ce littoral, ça change une journée.
Reste la plus spectaculaire.


Saint-Antoine, la plus incroyable
C’est la plus incroyable des plages du coin, et je pèse mes mots.
Avant même de descendre, ne ratez pas le spot depuis le sentier qui descend du phare : vous la contemplez d’en haut, avec en bonus le Gouvernail de la Corse. J’ai épinglé sur ma carte l’endroit exact d’où j’ai pris ma photo, ainsi que la zone où l’on peut se garer.


J’ai aussi indiqué l’accès le plus utilisé. Attention, le plus fréquenté ne veut pas dire le plus facile. Bonnes chaussures de marche à prévoir, vraiment.
Poussez ensuite jusqu’à la grotte de Saint-Antoine pour voir le trou dans la roche. Et là, je vais être très claire.
Où voir le plus beau coucher de soleil à Bonifacio ?
Le mien, je l’ai eu en revenant du cimetière marin, sur le chemin du retour. On est à la pointe de la péninsule, face au large, la lumière prend les falaises et les caveaux blancs pendant que la ville s’anime en contrebas. Je ne l’avais pas prévu, et c’est sans doute pour ça qu’il était si bien.
Si vous préférez organiser votre soirée plutôt que de compter sur la chance, le chemin de ronde de la Batterie Saint-François est dans le même secteur, avec la vue qui plonge sur le Goulet et le phare de la Madonetta. Cela dépendra aussi des horaires de coucher de soleil. Le sentier de Campu Rumanilu fonctionne très bien aussi, et c’est de toute façon le bon créneau pour le faire en été. Enfin, il y a la version en mer, et c’est sans doute la plus belle. Deux formules, deux ambiances. Des sorties moins chères mais plus courtes partent aussi du guichet de la marine, si vous cherchez simplement à voir la lumière tomber sur les falaises.
Au départ du port principal, le tour en bateau avec apéritif dînatoire à bord vous place face aux falaises au moment où elles s’embrasent.
> Tour en bateau au coucher du soleil avec apéritif dînatoire

Au départ de la plage de Piantarella, la même balade en catamaran que plus haut, mais en fin de journée, avec la lumière dorée sur les Lavezzi et une baignade au calme.
> Balade en catamaran aux Lavezzi au coucher du soleil
Dans les deux cas, réservez : les places partent vite en haute saison.
Où manger à Bonifacio : mes restaurants testés
Deux choses à savoir avant de poser vos fesses quelque part.
D’abord, en pleine saison, les bonnes tables sont pleines à craquer. J’ai voulu en faire plusieurs, je me suis pris des salles complètes les unes après les autres. Alors réservez. Même pour le midi. Même si vous n’êtes que deux.



Ensuite, le service prend son temps, et ce n’est pas un défaut. Ici, on ne court pas. La Corse va vous apprendre la patience à table, que vous le vouliez ou non. Autant l’accepter tout de suite et commander un verre en attendant. Vous n’êtes pas pressés, vous êtes en vacances.
U Castillé, la meilleure place face aux falaises
7 rue Simon Varsi. Mon adresse préférée, et pour une raison très précise : la place face aux falaises est la plus belle de toute la ville. Sauf qu’elle ne tombe pas du ciel. Réservez en avance, directement auprès du restaurant, pour le lendemain. C’est comme ça que nous l’avons décrochée, et je n’ai pas trouvé d’autre méthode.
Une fois attablés, prenez les moules à la bonifacienne. C’est la spécialité du coin, et c’est ici qu’il faut la découvrir. Vous m’en direz des nouvelles.



L’Archivolto, le repas hors du temps
Dans la haute ville. La première chose qui frappe, c’est la déco : chinée, entassée, chargée jusqu’au plafond, du genre qui vous fait tourner la tête dans tous les sens au lieu de regarder la carte. On s’y sent chez quelqu’un plutôt qu’au restaurant.
Dans l’assiette, du corse assumé, avec les produits du coin et des portions qui ne trichent pas. L’accueil fait le reste, familial et sans chichi. C’est le genre d’endroit où l’on entre pour dîner et où l’on sort deux heures plus tard sans avoir vu le temps passer.
Cantina Doria, le typique corse
27 rue Doria, dans la haute ville. Le resto corse exactement comme on se l’imagine avant de venir. Une vieille bâtisse bonifacienne, deux petites salles à l’allure de brocante, des scènes de vie d’antan accrochées aux murs.
Dans l’assiette, on ne fait pas dans la demi-mesure : soupe corse, aubergines à la bonifacienne, tripes à la tomate. Venez avec de l’appétit, ce n’est pas le moment de compter.
Ciccio, bistronomique au cœur de la citadelle
Très belle adresse au cœur de la citadelle de Bonifacio. Chez Ciccio, la cuisine corse se fait raffinée et inventive, avec de beaux produits locaux et de saison. Des assiettes soignées, beaucoup de saveurs et juste ce qu’il faut d’originalité sans perdre l’authenticité du terroir. Le tout dans une petite ruelle pleine de charme, avec une ambiance intimiste et chaleureuse. Une vraie belle découverte à Bonifacio, pour se faire plaisir avec une cuisine aussi délicieuse qu’élégante.

Les Amis, pour les pizzas napolitaines
79 quai Comparetti, sur la marine, avec la vue sur le port et la citadelle. Ouvert d’avril à novembre, midi et soir. La carte joue sur deux tableaux : poissons, homards et crustacés d’un côté, plats traditionnels faits maison de l’autre.
Mais ce que j’ai retenu, ce sont les pizzas, de vraies napolitaines avec la pâte bien gonflée sur les bords, exactement comme je les aime. Possible à emporter. Et vous pouvez même y arriver par la mer si vous êtes en bateau, ce qui reste, avouons-le, la façon la plus classe de venir chercher une pizza.
Da Passano, pour la déco et les plats à partager
53 quai Jérôme Comparetti, toujours sur la marine. Ici, on sort le téléphone avant la fourchette : la déco est bluffante et les assiettes arrivent montées comme des tableaux.
Du corse traditionnel revisité, avec une bonne partie de la carte pensée pour être partagée. C’est aussi un bar à vin, avec parfois des guitares et des chants corses en fond de salle. Et une épicerie fine à côté, au cas où vous voudriez ramener un bout de Corse dans la valise.
Deux paillotes les pieds dans le sable
La Bohème, sur la plage de Maora, à quelques kilomètres du port, fait partie de celles où je n’ai jamais réussi à entrer, faute de place. J’y retournerai, c’est une promesse que je me suis faite. Bois flotté, rotin, matières naturelles et lumière tamisée, le tout ouvert sur la Méditerranée. Vous voyez le genre.
Sur la plage de Pianteralla, une pizza ou salade au Ponton.



Chez Ange, sur la plage de Rondinara, à Suartone, est une adresse que j’ai repérée pour une prochaine fois. Elle demande la voiture puisqu’on quitte Bonifacio, mais quelle baie. On y accède par la route ou par la mer, et l’ambiance change du tout au tout selon l’heure : décontractée le midi avec salades, viandes et poissons grillés, ou un simple panini au snack si vous ne voulez pas quitter la plage. Le soir, l’ambiance devient plus intimiste, avec un menu raffiné. À quelques mètres, la plage est aménagée en transats et parasols, avec bar à cocktails, glacier, service pontonnier et un vivier à langoustes.

Où dormir à Bonifacio : mes adresses
Une remarque avant tout, et celle-là vaut de l’argent : choisissez un hébergement avec son propre parking, et vérifiez-le au moment de réserver. C’est exactement pour ça que j’ai choisi le mien. Vous comprendrez pourquoi dans la section suivante, quand on parlera du stationnement. Accrochez-vous.
Sinon, pour économiser sur ce poste dépense : Trouver un camping près de Bonifacio >

Domaine du Couvent de Saint-Julien, mon coup de cœur
D58, route de Sant’Amanza. Une maison d’hôtes de caractère installée dans un ancien couvent inscrit au titre des Monuments historiques, dans la campagne de Bonifacio. Cinq chambres seulement, un jardin, une terrasse, un petit-déjeuner continental, et une atmosphère intime et préservée.
Ce qui m’a eue, c’est le détail poussé jusque dans la vaisselle de grand-mère, et cette déco de bastide méditerranéenne que j’adore : sobre, authentique, sans esbroufe, mais confortable. Le genre d’intérieur où l’on se sent chez soi en dix minutes. Cinq chambres seulement, autant dire qu’on n’y croise personne. Si vous cherchez le hors du temps à quelques minutes du port, arrêtez de chercher.
Réserver au Domaine du Couvent de Saint-Julien
Solemare, pour la situation et la piscine
Nouvelle Marine, quai Nord. Trois étoiles sur la marine, trente-sept chambres rénovées, exposition plein sud et une superbe piscine chauffée à ciel ouvert. Le bar à cocktails et sa terrasse feutrée sont agréables, le room service est offert, et vous êtes à deux pas des restaurants et des monuments.
Je vais être honnête, c’est un peu le but de cet article : on vient ici pour l’emplacement et pour la piscine, pas pour la déco. Le coin repas est agréable, mais les chambres et la terrasse manquent cruellement de style. À vous de voir ce qui compte le plus. On ne passe pas ses vacances dans sa chambre, dit-on, encore faut-il en être convaincu. Gros point pratique en revanche, l’hôtel propose un parking. À Bonifacio, croyez-moi, ça change la vie.



Version Maquis Citadelle, le 5 étoiles au calme
Lieu-dit Brancuccio, dans la campagne bonifacienne, à moins de 800 mètres du port. Vingt-deux suites modernes et chaleureuses, et surtout une piscine à débordement qui se prolonge dans le maquis, avec la cité des falaises pour ligne d’horizon. La vue depuis la terrasse du restaurant Le VM ne s’oublie pas.
Un 5 étoiles qui mise tout sur l’intimité et la sérénité, avec un spa qui travaille les pierres et les plantes du maquis. On est très loin des codes de l’hôtellerie classique, et c’est précisément ce qui fait sa réussite. Prévenez juste votre banquier.
Réserver à Version Maquis Citadelle
Padolo, l’accueil familial au cœur du maquis
Route de Sartène, lieu-dit Padolo, à 2,5 km seulement de la marine. Un jardin aux multiples essences, une piscine chauffée et un jacuzzi avec vue sur l’Ermitage de la Trinité, et des logements dotés de terrasses privatives.
Ce qui change tout ici, c’est l’accueil familial et les conseils qui vont avec. On vous aide vraiment à organiser vos journées, et ça n’a pas de prix quand on débarque sans plan. L’hôtel gère aussi la navette aéroport et la location d’un bateau pour filer voir la réserve des Bouches de Bonifacio.
Hôtel Spa Le Genovese, dans les remparts
1 place de l’Europe, à l’intérieur des remparts. Je n’y ai pas dormi. Mais sa position dans la citadelle, son parking, son restaurant et sa piscine en font mon premier choix pour la prochaine fois. Je le note ici autant pour vous que pour moi.
Du haut standing : grande piscine, terrasse avec transats et parasols, et une vue sur la citadelle depuis le côté qu’on connaît le moins. Le bon plan, c’est qu’on peut y dîner sur réservation sans y dormir. Et si c’est la piscine qui vous fait de l’œil, visez le milieu de journée.
Réserver à l’Hôtel Spa Le Genovese




Que faire autour de Bonifacio ?
Bonifacio est une excellente base pour rayonner dans l’extrême sud. Voici ce qui vaut le détour à moins d’une heure de route.
La plage de Rondinara
La plus belle baie du secteur, et l’une des plus photographiées de Corse. Un demi-cercle presque parfait, une eau peu profonde et translucide : on jurerait que quelqu’un l’a dessinée au compas pour les cartes postales. Elle se trouve entre Bonifacio et Porto-Vecchio, sur la commune de Suartone. Autrement dit, vous ne serez pas les seuls à l’avoir repérée.
Pour y aller, prenez la RN198 puis la D158 vers Suartone, traversez le hameau et suivez les indications vers les hameaux de Rondinara.
Et si vous voulez autre chose qu’une journée de plage, le sentier de Rondinara part de là. Je ne l’ai pas fait, mais il est court et il revient souvent dans les recommandations locales : une boucle d’environ 3 km, entre 1 heure et 1h30, facile, parfaite en famille. Le stationnement se fait avant la base de la Réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, sur la gauche. Le chemin longe un littoral sauvage, traverse des dunes à genévrier, une essence rare, et s’ouvre sur le golfe de Sant’Amanza, les îles Lavezzi et, par beau temps, la Sardaigne.
Sur place, la paillote Chez Ange règle la question du déjeuner.



Le golfe de Santa Manza et la plage de Maora
À quelques kilomètres du port, de l’autre côté de la péninsule. Le coin le plus simple pour une fin de journée à la plage sans faire de route, avec La Bohème les pieds dans le sable. C’est aussi de ce golfe que partent certaines sorties en mer vers la réserve naturelle.
Porto-Vecchio, Sartène et l’Alta Rocca
Un peu plus loin : Porto-Vecchio et ses plages de carte postale, Palombaggia et Santa Giulia, à une quarantaine de minutes. Très belles, et tout le monde le sait, ce qui se voit sur le sable en août. Sartène et ses ruelles de pierre. Et les montagnes de l’Alta Rocca avec les Aiguilles de Bavella, pour changer d’air et de température quand la côte devient un four. C’est là que se trouvent les cascades et les vasques de Bavella, une bonne idée de journée quand on sature du sable chaud.
Si vous construisez un séjour plus large, j’ai détaillé les étapes, les distances et les itinéraires jour par jour dans mon guide complet : où aller en Corse du Sud en 1 semaine.
Infos pratiques pour visiter Bonifacio
Comment aller à Bonifacio ?
En avion, visez Ajaccio. C’est l’aéroport le mieux desservi de l’île, avec les vols les plus fréquents et les tarifs les plus intéressants, notamment depuis Marseille avec Air Corsica. 50 minutes de vol à peine. Comptez ensuite 2h45 de route jusqu’à Bonifacio. Une belle route, d’ailleurs, qui longe la côte ouest et traverse Sartène. Ce n’est pas du temps perdu, c’est déjà du voyage.
> Comparer les vols pour Ajaccio
Figari-Sud Corse est bien plus proche, à une vingtaine de kilomètres. Sur le papier, c’est imbattable. En pratique, l’aéroport est petit, moins desservi, et les billets grimpent vite en haute saison. Regardez, comparez, mais ne comptez pas dessus par défaut.
En ferry, le trajet est nettement plus long, mais vous arrivez avec votre propre voiture. L’économie sur la location n’a rien d’anecdotique, et le coffre non plus : chaussures de rando, glacière, matériel photo, on charge ce qu’on veut. J’ai réuni mes conseils pour voyager en ferry dans un article à part, réservation, cabine et embarquement compris.
> Réserver votre traversée en ferry vers la Corse

Louer une voiture, ou un van, pour explorer le sud
Soyons clairs : sans véhicule, vous ne verrez pas grand-chose de Bonifacio. La ville se fait à pied, mais les plages, les départs de sentiers et Rondinara demandent tous la voiture.
Et voici l’erreur que je vois chaque année : réserver trop tard. Il y a peu de voitures disponibles sur l’île et elles partent très vite. Ceux qui s’y prennent en juin pour août paient le double, quand il reste quelque chose. Regardez les offres dès que vos dates sont posées, quitte à annuler ensuite.
> Louer une voiture vers Bonifacio

Pour le van aménagé, je vais être honnête plutôt que vendeuse. C’est une très belle façon de voyager, et il existe des offres intéressantes entre particuliers. Mais en Corse, le stationnement sauvage est peu toléré et les endroits où passer la nuit sont rares : vous irez de camping en camping, et ils sont chargés l’été. Si vous partez avec cette idée en tête, réservez vos campings en même temps que le van, sinon l’aventure tourne vite au casse-tête.
> Louer un van aménagé vers Bonifacio
Monter à la ville haute et se garer
Trois façons de rejoindre la ville haute. À pied, par les montées Rastello et Saint-Roch : depuis le port, le sentier piéton grimpe directement, avec une belle vue en chemin. En petit train depuis le port, environ 6 €. Le départ se fait derrière le bureau du port, l’arrêt est à Carotola au cœur de la citadelle, et le passage a lieu toutes les 30 à 45 minutes. Attention, le billet est uniquement un aller-retour. Il s’achète au guichet de la marine, et il faut le garder pour redescendre, sous peine de finir la journée à pied. Ou en voiture, en vous garant au parking du cimetière marin, dont l’accès est fluide hors saison estivale.
Et maintenant, parlons franchement du stationnement : à Bonifacio, se garer est compliqué et cher. Je ne vais pas vous vendre l’astuce miracle, elle n’existe pas. En pleine saison, j’ai garé ma voiture de location très loin, pour 12 € la journée. Payer pour marcher, c’est le deal.
Les parkings sont tous indiqués sur ma carte, pour que vous puissiez comparer les emplacements avant d’arriver plutôt qu’en tournant dans le centre.

Quand partir à Bonifacio ?
Juin est le bon compromis : il fait beau, on se baigne, les ruelles sont vivantes sans être saturées, et les randonnées restent faisables en journée. Le printemps et le début de l’automne marchent très bien aussi, avec moins de familles.
En plein été, tout se joue sur les horaires : les sentiers tôt le matin ou en fin de journée, les plages avant midi, les sorties en mer le matin. Autrement dit, vous vous levez tôt et vous faites la sieste comme tout le monde.

Malade en vacances : trouver un docteur à Bonifacio
Tomber malade en vacances, ça arrive. Surtout avec des enfants, qui n’arrivent jamais à dire précisément où ils ont mal. Pour avoir vécu ce moment de solitude où l’on cherche un docteur depuis sa chambre d’hôtel avec l’inquiétude au ventre, voici ce que j’ai appris.
Obtenir un rendez-vous avec un généraliste à Bonifacio est difficile, voire impossible en pleine saison. Surtout si vous êtes un touriste.
En revanche, le centre hospitalier se situe à 1 km de la marina, près de la T40. Présentez-vous côté urgences : il y a un petit interphone à l’entrée.
Ensuite, avec votre ordonnance, direction la pharmacie du port. C’est la seule de la ville, autant dire qu’elle est prise d’assaut, et elle ferme à 20h l’été. Anticipez si vous sortez des urgences en fin de journée.
Bon courage, et avec un peu de chance, vous n’aurez jamais à relire ce paragraphe.




Visiter Bonifacio en 1, 2 ou 3 jours
En une journée, montez à la ville haute le matin, flânez dans les strette et faites l’escalier du Roy d’Aragon avant que la chaleur ne s’installe. Déjeunez dans la citadelle. L’après-midi, prenez la sortie en mer d’une heure pour voir les falaises depuis le large, et terminez par les remparts et le cimetière marin en fin de journée.
En deux jours, gardez le premier pour la ville haute, l’escalier, les remparts de la Batterie Saint-François et le cimetière marin, avec le sentier de Campu Rumanilu en fin d’après-midi. Le deuxième sera pour les îles Lavezzi, à la journée, première rotation du matin.
En trois jours, reprenez ce programme et consacrez la troisième journée à la marche. A Strada Vecia vers Paragan, l’anse de Fazzio et la Madonetta pour une vraie randonnée. Pertusatu puis la plage Saint-Antoine si vous voulez combiner panorama et baignade. Ou Piantarella, l’île Piana et les plages de Sperone si vous voyagez avec des enfants. Dans tous les cas : partez tôt, et emportez plus d’eau que vous ne le pensez.

Questions fréquentes sur Bonifacio
Non. Se promener dans la ville haute et ses ruelles est entièrement gratuit. Ce sont les monuments qui sont payants, comme l’escalier du Roy d’Aragon, à 5 € pour un adulte et 2 € pour un enfant.
Une journée suffit pour la ville haute et une sortie en mer courte. Deux jours permettent d’ajouter les îles Lavezzi sans courir. Trois jours vous laissent une vraie journée de randonnée ou de plage.
Campu Rumanilu, sans hésiter : une boucle de 3,5 km au départ de la chapelle Saint-Roch, entre 45 minutes et 1h30, facile, avec la vue sur U Diu Grossu et sur la citadelle depuis les falaises.
Le pain des morts, ou panu di i morti, une brioche aux noix et aux raisins secs préparée à l’origine pour le 2 novembre, jour des défunts. On la trouve aujourd’hui toute l’année dans les boulangeries de la ville, notamment chez Sorba. Les moules à la bonifacienne et les aubergines à la bonifacienne complètent le tableau côté salé.
L’escalier du Gouvernail, sur l’esplanade du cimetière marin. Un tunnel de 168 marches creusé dans la falaise en 1880 débouche sur une salle ouverte dans la roche, à une dizaine de mètres au-dessus de la mer, avec vue sur l’entrée du Goulet. Il est ouvert en saison seulement et reste bien moins fréquenté que l’escalier du Roy d’Aragon.
Pas au pied de la ville. Les plages demandent soit la voiture, comme Piantarella ou Paragan, soit de la marche, comme Saint-Antoine, l’anse de Fazzio, l’Arinella ou les plages de Sperone. C’est justement ce qui les préserve.
Un grand oui. Il suffit d’adapter le rythme, et ce n’est que du bon sens : beaucoup de plages, moins de longues marches en plein soleil. La journée Piantarella, île Piana et Sperone les régale, avec la traversée à gué en point d’orgue. Prévoyez une sortie en bateau et des pauses glace dans la citadelle, et tout le monde rentrera content.
Ma carte de Bonifacio et de la pointe sud
Cet article vous donne les visites, les itinéraires et mes adresses. Ma carte, elle, contient tout le reste.
Vous y trouverez tous les points que j’ai repérés sur place et compilés pour vous, organisés par calques : mes belvédères dans la citadelle, l’endroit exact d’où j’ai photographié la plage Saint-Antoine et le Gouvernail, les zones où se garer, les départs de sentier, les criques des Lavezzi que je referais en priorité, les accès précis aux plages qui ne se rejoignent qu’à pied, mes restaurants et mes hébergements préférés, et les repères pratiques dont on a besoin en vrai : la pharmacie, les urgences, le départ du petit train.
Autrement dit : la version terrain de cet article, prête à suivre depuis votre téléphone.
Si cet article vous a donné envie de filer vers l’extrême sud, dites-le-moi en commentaire. Racontez-moi votre visite préférée, ou celle que vous ajouteriez à ce séjour. Et si vous prolongez le voyage, la suite se passe par ici : où aller en Corse du Sud en 1 semaine.



