Des villages blancs à 50 km/h, des oliviers centenaires à perte de vue, une piscine qui vous attend en fin d’après-midi. Voilà mon Vespa Trip dans les Pouilles, en début septembre, et j’ai adoré. Quatre nuits dans une masseria, trois jours de Vespa, et une vingtaine d’inconnus devenus copains de tablée dès le premier soir.
Je suis partie avec un ami, chacun sur sa Vespa, en roulant librement plutôt qu’avec le groupe. C’est original, on ne reste jamais assis plus d’une heure, et ça se vit à hauteur d’olivier. Je n’avais quasiment jamais conduit de scooter, et ça ne m’a pas empêchée de profiter à fond. Je vous donne mon avis sur le Vespa Trip Travelbase, le budget réel, la conduite et mes astuces pour profiter de chaque journée.
Le Vespa Trip dans les Pouilles, c’est quoi exactement ?
Sur le papier, c’est simple. Une masseria près de Fasano comme camp de base, une Vespa 125 pour trois jours pleins. Et trois itinéraires pré-tracés qui rayonnent vers la côte et les villages blancs. Vous dormez quatre nuits au même endroit, vous ne refaites jamais vos valises, et chaque matin vous décidez où vous allez. Le tout est organisé par Le Vespa Trip, une aventure Travelbase. Et cette agence de voyage belge, je la connais bien : le canoë en Suède, le 4×4 en Islande, l’Écosse, la Norvège et la Namibie, c’était déjà avec elle.
Voyage réalisé en partenariat avec Travelbase. Cet article contient des liens affiliés. Si vous réservez par mon intermédiaire, je touche une petite commission et vous ne payez rien de plus. Je garde toute liberté sur ce que je vous raconte.



Une masseria, trois itinéraires, une Vespa 125 pour trois jours
Les trois boucles proposées font entre 57 et 62 kilomètres chacune. La première suit la côte, Polignano a Mare, San Vito et Monopoli. Ensuite, la deuxième file dans les terres vers Alberobello, Locorotondo et Martina Franca. Enfin, la troisième relie Cisternino, Ostuni et la plage de Torre Canne. Rien n’oblige à les faire dans l’ordre, ni même à les faire en entier. J’y reviens plus bas, avec ce que j’ai vraiment roulé.
Suivre le guide ou rouler libre : on décide chaque matin
C’est le vrai principe du Vespa Trip. Un ou deux guides encadrent le groupe. Ceux qui veulent les suivent en file indienne, sans GPS, sans chercher de parking, l’esprit léger. En revanche, ceux qui préfèrent partent de leur côté. On peut aussi suivre le groupe deux heures puis le lâcher en route, à condition de prévenir. Et dans tous les cas, une fois dans un village, chacun est libre de son temps. Le guide n’est pas un accompagnateur de musée, c’est un ouvreur de route.

Ce que ça coûte vraiment : prix de base, options et mon budget
Le tarif de base est de 590 euros par personne en 2026, calculé pour deux personnes qui partagent une Vespa et une chambre. Il comprend les quatre nuits avec petit-déjeuner, la Vespa pour trois jours, casques et cadenas, le parking à la masseria et les guides. Ensuite viennent les options, et c’est là que la note bouge. Chambre individuelle (si vous n’êtes pas en couple comme nous) : +250 euros. Vespa pour soi seul : + 130 euros. Early Pick-Up ou Late Drop-Off : + 50 euros par Vespa. Cours Start-to-Vespa : + 50 euros. GPS : + 30 euros. Assurance dommages Vespa : + 89 euros. Assurance voyage : + 39 euros. Navette aéroport : + 35 euros par trajet.
Concrètement, un couple qui partage tout et prend l’assurance dommages, les navettes et l’assurance voyage arrive autour de 1 500 euros pour deux. Nous, entre amis, avec deux chambres séparées, deux Vespa, un Early Pick-Up et le reste, nous étions plus proches de 2 400 euros pour deux. Mais nous sommes un cas très exceptionnel car nous étions aussi là pour créer des photos et vidéos donc ne vous arrêtez pas sur ce dernier montant.
Ajoutez le carburant, annoncé entre 30 et 40 euros pour la semaine (nous avons seulement eu 20 euros d’essence pour les deux scooters car nous roulions assez tranquillement), et les repas.
À la masseria, deux dîners, un déjeuner avec boissons et quelques apéros (on peut acheter des boissons fraiches à l’accueil) nous ont coûté 120 euros par personne. Enfin, ces prix datent de septembre 2026 et Travelbase peut les réviser chaque saison, vérifiez-les avant de vous projeter.



Comment rejoindre la Masseria Don Sante depuis l’aéroport ?
La masseria se trouve Contrada Martucci, sur la commune de Fasano. Elle est entourée de champs d’oliviers et de restanques, c’est magnifique. Comptez une heure de route depuis l’aéroport de Bari, trois quarts d’heure depuis celui de Brindisi. Nous avons atterri à Bari avec un vol à 7h30 depuis Marseille, ce qui suppose un réveil à 4 heures. Je vous le dis pour que vous compreniez la suite.
Navette Travelbase ou bus par Bari : mon choix et pourquoi
En effet, à la base, j’avais envie de passer par la vieille ville de Bari et ses ruelles où les dames roulent les orecchiette devant leur porte. Mais je me suis dis qu’avec deux valises, une canicule, la courte nuit et aucune certitude sur les consignes à bagages, il valait mieux ne pas être trop ambitieuse sur le premier jour. Et je me suis bien remerciée par la suite.
Aussi, nous avons pris la navette Travelbase, 35 euros par personne, qui dépose directement à la masseria. Elle attend jusqu’à trente minutes à l’aéroport et ne se réserve que pour le premier et le dernier jour. En taxi, comptez entre 120 et 150 euros depuis Bari. Sinon, le train existe aussi, avec un changement à Bari Centrale puis dix minutes de route depuis la gare de Fasano. J’ai quand même trouvé la navette plus économique et facile. Selon vos dates de Vespa Trip et l’aéroport d’arrivée, la navette a des horaires différents, vous les trouverez sous NAVETTE (AÉROPORT – HÔTEL) dans la section « comment s’y rendre » du site Vespa Trip.
Arriver à 11h quand la chambre est prête à 14h
Nous sommes arrivés vers 11 heures à la masseria. Le restaurant ouvre à 13 heures, les chambres à 14 heures. Entre les deux, il y a la piscine. Et un samedi matin, elle était déserte, les autres participants n’étant pas encore là. Elle est grande, entourée de végétation et de murets de pierre, et il y a de petites toilettes sous l’un des bâtiments blancs avec la terrasse pour se changer. En revanche, le restaurant et les toilettes, nous les avons trouvés seuls, ce qui fait une petite chasse au trésor de bienvenue. En effet, le personnel est très gentil mais on ne vous servira rien sur un plateau, il faudra creuser pour avoir des infos. C’est vraiment la seule critique négative que je vais faire sur la masseria. Pour le reste, la matinée piscine a effacé le réveil de 4 heures.



Faut-il un permis moto pour le Vespa Trip ?
Non. Travelbase demande un permis B ou un permis A, un âge minimum de 18 ans, et précise que le permis AM ne suffit pas. Le passager, lui, n’a besoin ni de permis ni d’avoir 18 ans. Sur le territoire italien, un permis voiture européen autorise la conduite d’un deux-roues de 125 cm3. En France, il faudrait une formation complémentaire de 7 heures (les conditions exactes sont sur Service-public.fr). Les Vespa du trip sont des 125 cm3. Donc si vous n’avez jamais passé la formation 125 en France, vous pouvez quand même conduire là-bas, avec le permis B seul. Prenez tout de même le temps de vérifier auprès de votre assurance ce qu’elle couvre à l’étranger.
Un permis hors Europe impose un permis international. Et pour tout le monde, casque obligatoire, même par 40 degrés, et chaussures fermées. Les tongs restent dans le coffre.
Faut-il savoir conduire une Vespa avant de partir ?
Je n’avais quasiment jamais conduit de scooter, et j’ai pris un plaisir fou à rouler sur les petites routes de campagne. Les oliviers qui défilent, l’odeur des plantes, la sensation d’aller exactement à la bonne vitesse pour tout voir. J’ai eu trois frayeurs de débutante, que je vous raconte pour que vous les évitiez. Elles n’ont pas non plus gâchées le voyage.
Permis, cours Start-to-Vespa et ma solution entre amis
Travelbase propose un cours Start-to-Vespa à 50 euros le jour de l’arrivée, et le recommande vivement aux débutants. Je ne l’ai pas pris, parce qu’Axel avait déjà conduit une Vespa et qu’il m’a servi de moniteur sur le parking. Joanna, l’une des deux guides, nous a remis les clés d’une des Vespa (early Pick-Up) à 14 heures avec les explications de base. Démarrer, ranger les affaires, ouvrir le coffre, clignotants, feux. Ça a pris dix minutes. Si vous partez sans personne pour vous montrer, prenez le cours. En revanche, le parking de la masseria est plat, la circulation italienne ne l’est pas.
Priorité à droite, ABS et vent : mes trois frayeurs de débutante
La première frayeur est arrivée en ville, de jour. En Italie, les priorités à droite sans stop sont bien plus nombreuses qu’en France, et les conducteurs s’y engagent sans la prudence à laquelle on est habitué. Une voiture a déboulé sur ma droite, j’ai freiné trop fort, et l’ABS s’est déclenché. La roue avant s’est mise à trembler comme si elle allait partir. Heureusement, elle n’est pas partie. Mais j’ai roulé ensuite au ralenti pendant vingt minutes, le temps que mon cœur redescende.
La deuxième, c’est le vent. Je suis légère, et une rafale de travers sur une Vespa se sent tout de suite. Axel, avec son mètre quatre-vingt-dix, ne sentait rien. La troisième, c’est le retour de nuit, que je voulais éviter. Mais une fin de journée, on a choisi de diner face à la mer et le retour s’est fait vers 22h. Finalement, ça s’est bien passé. Je ne recommencerai pas pour autant. Le lendemain à 8h30, je remettais le casque avec le sourire.

À quelle vitesse on roule vraiment, et les routes à fuir
Une Vespa 125 se tient autour de 50 km/h, et c’est exactement la bonne vitesse pour les Pouilles. À 40, on débute. À 90, le guidon vibre et ça devient dangereux. Sur une nationale ou une voie rapide, vous serez donc doublé en permanence, parfois klaxonné, rarement frôlé par un camion. D’ailleurs, plusieurs participants ont connu le même sort. Un couple est aussi rentré de nuit du petit port mais le gps les a envoyés sur la nationale à 90 : vingt minutes de trajet, vingt minutes de stress.
La règle est simple : les petites routes de campagne, même trouées, même bosselées, valent toujours mieux que la grande route propre. Elles traversent des champs immenses et de petits villages semés de trulli, c’est sublime ! La grande route, elle, traverse des ronds-points. Je crois qu’il n’y a pas à tergiverser, mieux vaut préparer votre itinéraire avant chaque départ pour passer par les petites routes sympas et éviter les grands axes.
Le GPS Travelbase, à quoi il sert et à quoi il ne sert pas
Nous avons pu tester le GPS proposé en option. Il est fait pour suivre les itinéraires pré-chargés, et pour ça il fonctionne : il annonce les virages, il évite les mauvaises routes. En revanche, le problème commence quand on saisit une destination libre. Le premier matin, nous avons entré Cisternino. Il nous a envoyés sur la voie rapide, direction Bari, soit l’exact opposé. Une demi-heure de perdue, une leçon retenue, et une mésaventure que quelque uns du groupe ont vécue aussi, comme on l’a découvert plus tard.
Donc mon conseil : si vous roulez sans guide, préparez votre trajet la veille sur votre téléphone, avec des étapes intermédiaires qui passent par la campagne. N’oubliez pas de cocher dans votre application Google Maps « éviter autoroutes et péages ». Puis gardez votre itinéraire en tête, juste quelques repères et villages clés. Les panneaux ne suffisent pas non plus : suivre « Alberobello » vous fera prendre la route des camions. Arrêtez-vous de temps en temps pour vérifier sur votre téléphone votre avancée. Ce sera l’occasion de prendre des photos.

Une journée type de Vespa Trip dans les Pouilles, sans guide
Pour vous aider à vous projeter, voici à quoi ressemblaient nos journées, la masseria comme unique point de départ et d’arrivée.
Tout commençait par le petit-déjeuner de la masseria, gargantuesque et délicieux. En plusieurs années de voyage, je n’en avais jamais eu d’aussi complet. Sucré, salé, fruits, tartes, gâteaux, tout fait maison. Nous en profitions comme d’un vrai repas, histoire de ne faire que grignoter le midi.
Vers 9h30, nous partions en Vespa vers une ville ou un village des environs. Comptez en moyenne 40 minutes de route sans arrêt pour rejoindre un incontournable. La masseria est vraiment centrale par rapport aux villages de la vallée d’Itria. Vers midi, nous reprenions la Vespa pour un second point d’intérêt sur le même itinéraire.
Ce second arrêt était aussi l’occasion de déjeuner, souvent entre 14 et 15 heures, sur le pouce ou en salade légère selon la chaleur. L’idée étant de profiter des boutiques ouvertes et de l’animation de la ville avant de manger. Ensuite, deux options s’offraient à nous : rentrer à la masseria profiter de la piscine, ou filer vers la côte pour se baigner à la plage.
Vers 18 heures, douche et beaux habits pour le dîner. Un petit apéro dans la cour de la masseria d’abord, avec une boisson achetée à l’hôtel. Et nous pensions toujours à emporter des taralli, ces biscuits apéritifs typiques des Pouilles, pour l’accompagner. Puis venait le dîner. Soit à la masseria, toujours délicieux, dans une ambiance presque magique, grandes tablées, plantes méditerranéennes partout et guirlandes lumineuses au-dessus de la cour. Soit en bord de mer à Savelletri, petit port authentique avec son rassemblement de papis assis à papoter et ses bars pleins de vie à la nuit tombée.


Que valent les trois itinéraires du Vespa Trip ?
Un point d’honnêteté avant de commencer. En trois jours de Vespa, j’ai fait Cisternino, le port de Savelletri, Alberobello, Locorotondo, Monopoli et ses calanques. Quant à Polignano a Mare, Ostuni et Martina Franca, je les ai visités ensuite, en voiture, et j’en parle dans mon itinéraire complet des Pouilles. Les grottes de Castellana, San Vito, Torre Canne et les ruines d’Egnazia, je ne les ai pas faits. Est-ce que je regrette ? pas du tout. J’étais heureuse de prendre mon temps, de faire les visites à mon rythme, en décidant au dernier moment de m’arrêter manger une glace ici ou de faire une pause Spritz là.



La côte : Polignano a Mare, San Vito et Monopoli
Nous avons gardé Monopoli pour le dernier jour, parce que c’était la plus éloignée et que ça m’inquiétait de faire toute cette route en Vespa. Bonne surprise : en évitant autoroutes et péages, la route depuis la masseria ne prend finalement que 45 minutes et surtout c’est beau et paisible. Des champs d’oliviers, des murets de pierre sèche, et presque aucune voiture. Une église isolée au milieu des oliviers, quelques masserias grandioses, et on arrive. Monopoli est une vraie ville, mais à taille humaine. D’ailleurs, des places pour scooters se trouvent à deux pas du centre historique. Visitez-la le matin ou le soir, jamais entre 15 et 18 heures, quand tout ferme. À 13h00 en septembre, le petit port était plutôt tranquille, avec ses barques bleues et seulement quelques touristes assis sur la jetée. Parfait pour les photos.
Autre conseil, ne vous baignez pas depuis les quais de la ville, l’eau y est sombre et on s’installe sur des blocs de béton assez moches. En revanche, en cinq minutes de Vespa vers le sud, les premières calanques apparaissent. Eau turquoise, et des cavités dans la roche où les nageurs s’abritent du soleil. Prenez des chaussons d’eau : nous, on est entrés par les rochers, en évitant la plage bondée. J’ai vu des petits poissons depuis la surface. Un masque ou des lunettes de plongée n’aurait pas été de trop.




La vallée d’Itria : Alberobello, Locorotondo et Martina Franca
Alberobello est le village le plus célèbre des Pouilles, et il le mérite. Il faut juste y arriver avant tout le monde. Nous sommes partis à 8h30, juste après le petit-déjeuner, pour trouver les parkings vides. Ils l’étaient. Mais une demie heure plus tard, la marée touristique arrivait. Les cars déposent leurs vagues entre 9 et 10 heures par le haut du village, donc plus vous montez, plus vous croisez la marée qui descend. Commencez par le bas, vous aurez quelques ruelles pour vous. D’ailleurs, le parking conseillé par Vespa Trip coûte seulement 3 euros la journée. Les Vespa y dorment à l’ombre des arbres, ce qui évite de se brûler sur la selle au retour.
L’autre côté de la ville, plus récent, a aussi ses trulli, aucune boutique de magnets et beaucoup moins de monde. Parlons-en, des boutiques. La plupart vendent des souvenirs qui ont vu la Chine avant les Pouilles. Il faut chercher pour trouver les poteries émaillées ou une galerie authentique. Mais justement, j’ai déniché des perles comme cette petite boutique où le fils vend les sacs en tissu doublé, à anse de corde, que sa mère fabrique ici. Je suis bien entendu ressortie avec un joli sac. Perdez-vous dans les ruelles et vous ferez de belles découvertes.

Locorotondo, puis Martina Franca en question
À Locorotondo en Vespa, on se gare tout en haut du village sur une grande place, ou juste sous l’église du centre historique. Quelques marches et vous y êtes. Ensuite, il n’y a rien à organiser. On passe de ruelle en ruelle. Un vieux couturier vous complimente sur votre tenue en cherchant quelques mots de français. Une librairie propose des livres surprise dans des enveloppes personnalisées « un livre pour toi Emma ». Un charme fou encore une fois pour ce village des Pouilles.
Puis à 15 heures, tout ferme jusqu’à 18 ou 19 heures, restaurants compris. Nous avons tout juste eu le temps de nous promener dans la vieille ville sous une chaleur incomparable et déjeuner dans une ruelle traversée d’un courant d’air salvateur, avec une salade énorme pour 10 euros. En dessert, un citron glacé garni de deux boules, limoncello et citron, dans la boutique dédiée à cet agrume. Et la visite de Martina Franca, je l’ai faite plus tard en voiture. Un autre couple du groupe l’a trouvée morte à 16 heures un dimanche. En revanche, j’y suis passée à midi un autre jour et elle était bien animée. Tout est une question d’heure, ici.


Les villages blancs : Cisternino, Ostuni et Torre Canne
Cisternino a été mon premier village visité dans les Pouilles, et mon coup de cœur surprise. Il n’a pas la réputation d’Alberobello ni d’Ostuni, et c’est exactement pour ça qu’on y respire. D’ailleurs, les places pour scooters sont gratuites dans l’artère principale, reconnaissables aux chevrons blancs, huit ou dix alignés. Ensuite, on entre dans la vieille ville par une grande arche blanche, puis c’est un labyrinthe où chaque ruelle mérite sa photo. Nous nous sommes perdus sans chercher à nous retrouver, ce qui est la bonne méthode. Déjeuner dans une ruelle bien ventilée, par 38 degrés, c’était encore une fois indispensable à notre survie. Une parmigiana pour moi, une focaccia au lard fumé pour Axel, tranché si fin qu’on aurait dit des lambeaux de plastique. C’était très bon. Le plastique aussi, apparemment car il ne restait plus rien dans nos assiettes.
Concernant Ostuni, je l’ai faite en voiture après le trip. Torre Canne et sa plage, pas du tout. Mais nous nous sommes bien rattrapés les jours suivants en descendant dans le Sud des Pouilles, je vous en parlerai. Ce que je peux vous dire, c’est que ce troisième itinéraire est le plus court des trois. Donc celui qui laisse le plus de temps pour une baignade.


Ma méthode pour ne plus jamais finir sur une nationale
Après la demi-heure perdue du premier jour, nous avons compris qu’il y avait deux routes départementales à retenir en vespa. La première part de la masseria vers l’intérieur et dessert Alberobello, Locorotondo, Martina Franca et Ostuni par des petites routes agricoles. La seconde part vers le Nord, celle des oliviers centenaires dont je vous ai parlé, et mène à Monopoli et Polignano. Résultat : une fois ces deux départs mémorisés, plus aucun GPS ne nous a envoyés sur une nationale.
Rouler avec le groupe ou en solo : quelle formule choisir ?
Nous étions une vingtaine sur nos dates, et seul un autre couple a roulé libre comme nous. Tous les autres ont suivi Joanna et Ambre. J’ai donc pu comparer les deux formules en discutant chaque soir avec le groupe.
Ce que le groupe apporte : parkings connus, zéro GPS, sécurité
Ceux qui suivent le guide ne cherchent jamais de parking, les guides savent où ils sont. Ils ne regardent jamais de GPS, ils suivent la Vespa de devant. D’ailleurs, aux carrefours délicats, les guides font la circulation. Et si quelqu’un stresse ou cale, il y a toujours quelqu’un pour aider. Pour un débutant, ou pour quelqu’un qui veut simplement ne penser à rien, c’est la bonne formule. Elle n’a rien d’infantilisant : dans les villages, tout le monde se disperse et profite librement.
Pourquoi j’ai roulé libre, et ce que ça m’a coûté
Je fais des photos et des vidéos pour ce blog et mes réseaux. Je passe donc trois fois plus de temps que tout le monde dans chaque ruelle. Suivre un groupe m’aurait frustrée, et aurait surtout fait attendre tout le monde. La liberté m’a coûté un peu plus de mon temps pour trouver le bon chemin. Mais elle m’a aussi offert un Spritz sur le port de Monopoli encore vivant à 12h30 et un Alberobello presque vide à 9 heures. C’est le prix de la liberté, et je le repaierais demain sans aucun doute.

L’ambiance Vespa Trippers : dîners, âges, nationalités
Travelbase annonce un âge moyen de 40 ans et des participants surtout belges, français et néerlandais. Notre groupe collait complètement à la description. Les guides m’ont confirmé que les Pouilles attirent beaucoup de francophones. Résultat : le premier dîner à la masseria, tous ensemble, a duré tard et on a beaucoup ri. Le dernier aussi. Nous avons échangé des numéros, et trois couples sur le groupe ont prolongé le voyage après le trip, comme nous. Nous avons d’ailleurs recroisé Léa et Paul à Lecce quelques jours plus tard. En cinq voyages avec Travelbase, je n’avais jamais eu un groupe aussi soudé, avec autant d’humour et de métiers différents autour de la table. J’ai fini par regretter de ne pas avoir suivi les guides au moins une journée, juste pour rouler avec eux. Même en couple, on n’est pas condamné à se regarder pendant quatre jours. Entre amis, c’est encore mieux.

Où dort-on pendant le Vespa Trip ? La Masseria Don Sante
Une masseria, c’est une ancienne ferme fortifiée des Pouilles. Celle-ci est tenue par une famille, cernée d’oliviers, et elle a une piscine. D’ailleurs, je lui consacrerai un article entier avec d’autres adresses. Ici, je vous dis ce qu’elle vaut comme camp de base pour un Vespa Trip.
Les extérieurs et la cour : la vraie surprise du séjour
On se croirait dans un village. Une immense cour, des bâtisses à la chaux blanche, des tables, des pots de fleurs, des murets de pierre, et rien de superflu. Ce n’est pas un décor à la Disney, c’est l’Italie telle qu’on la fantasme, en vrai. Le soir, sous les guirlandes et les oliviers géants, avec les petits chats qui traversent la cour pavée, on n’a plus envie de partir. C’est d’ailleurs le risque avec cette masseria : on n’a plus envie de la quitter. Le premier et dernier jour, sans Vespa, nous avons profité de la piscine jusqu’à la navette et nous n’avons rien regretté.






Les chambres, l’accueil, et les trois infos qu’on aurait aimé recevoir
Les chambres sont spacieuses, avec de très grands lits, sobres, chacune différente. Pas un coup de foudre, mais du cachet. Et surtout un frigo dans chaque chambre, ce qui par 40 degrés vaut tous les jolis tissus du monde. D’après un autre couple, celles de la maison principale, avec l’escalier et les fenêtres sur la cour, ont plus de charme.
L’ambiance est très agréable même si on aimerait plus d’enthousiasme et de chaleur de la part de la dame de la réception. D’autres participants ont fait la même remarque. Le reste du personnel est gentil, parfois souriant, rarement bavard. La langue y est pour beaucoup, je suppose. Sauf une petite dame toujours présente au restaurant, adorable, qui parle français et sourit tout le temps. C’est elle qu’il faut trouver.



Petit-déjeuner, dîner à 35 euros et soirs de restaurant fermé
Le petit-déjeuner, inclus, est la meilleure partie de la journée. Un buffet de salé, tartes aux tomates et aux œufs, omelettes, burrata, pastèque, melon jaune, pain à griller. Et des gâteaux maison, dont un gâteau aux noisettes et pommes fondantes qui m’a réconciliée avec le sucre le matin. De plus, le cappuccino n’a rien à voir avec la mousse blanche fade qu’on nous sert en France.
Le dîner du premier soir, 35 euros sans les boissons, vaut la dépense. Ne paniquez pas quand arrivent de toutes petites assiettes à partager à quatre : elles n’arrêtent plus d’arriver, et vous serez bien rassasiés avant les pâtes. Ensuite les orecchiettes, sauce tomate et deux petites boulettes frites dont je n’ai jamais su le nom, puis un dessert. Un autre soir, nous avons demandé au dernier moment s’il restait une table. C’était un plat unique, parce qu’un cours de cuisine occupait les fourneaux. Des pâtes aux courgettes fromage frais, très onctueux, avec un vin des Pouilles exceptionnel, un Primitivo. Encore une délicieuse soirée.
Attention au dimanche soir : le restaurant est fermé. Anticipez avec une boulangerie dans la journée, ou une pizza rapportée de Fasano, à dix minutes, à manger dans la cour. D’ailleurs, la masseria vend de l’eau, des bières et des sodas, et personne ne vous regardera de travers.
Bon à savoir : La Masseria Don Sante se réserve aussi en dehors du Vespa Trip.

Comment gérer la chaleur et les horaires italiens en Vespa ?
Fin août, début septembre, il a fait entre 38 et 40 degrés tous les jours. Ce n’est pas la norme, m’a-t-on dit. C’était quand même là.
38 degrés début septembre : partir à 8h30, piscine à 15h
Sur une Vespa, le bitume renvoie la chaleur et l’éventail ne sert plus à rien. Nous avons donc adopté un rythme particulier. Petit-déjeuner à l’ouverture, 8 heures, départ à 8h30, visite jusqu’à 14 heures au plus tard, retour à la piscine. Puis ressortir vers 18 heures pour l’apéro.
13h-17h, villages fermés : à quelle heure visiter quoi
Entre 13 et 17 heures, parfois 19, les villages ferment. Boutiques, restaurants, tout. Locorotondo était vide à 15 heures, Monopoli l’aurait été à 16. La vie reprend en fin d’après-midi. Donc, si vous voulez déjeuner sur place, asseyez-vous avant 13 heures. Et si vous voulez voir un village vivant sans la foule, visez 10 heures ou 18 heures. Le mardi soir, tous les restaurants de Fasano étaient fermés. Le groupe a fini dans une pizzeria excentrée, dont les pizzas étaient moyennes. Je ne vous donne pas l’adresse, faute de pouvoir vous la conseiller. Le plaisir d’être tous réunis pour ce dernier dîner a largement compensé.


Ma checklist Vespa : eau, chaussons d’eau, monnaie pour le parking
De l’eau en bouteille, achetée au supermarché de Fasano, ouvert le dimanche. Les bouteilles rentrent dans le coffre de la Vespa et le frigo de la chambre fait le reste. Des chaussons d’eau pour les calanques. De la monnaie pour les parkings (même si souvent vous pouvez régler via l’application). Un masque de plongée si vous en avez un. Des chaussures fermées, obligatoires. Et une connaissance des lignes au sol : blanches, gratuit. Bleues, payant. Jaunes, résidents et livraisons, avec une amende autour de 34 euros à la clé. Enfin, évitez les zones marquées ZTL dans les centres-villes, c’est interdit de s’y engager et des caméras y lisent les plaques.


Que faire après le Vespa Trip ?
Le dernier matin, la navette nous a déposés à l’aéroport de Bari à 11 heures. Nous y avions réservé une voiture pour six jours de plus. Prendre la voiture à l’aéroport, et non à Fasano, nous a évité un supplément de restitution ailleurs. La navette Travelbase ne circule de toute façon qu’entre l’aéroport et la masseria. Chez Sixt, aucune queue, alors que certaines agences italiennes voisines alignaient trente personnes, probablement moins chères. Pour m’assurer le meilleur prix, je passe par ce loueur de voiture. La suite, Polignano, Lecce, le Salento, Matera, c’est dans mon itinéraire de 10 jours dans les Pouilles.



Mon avis sur le Vespa Trip dans les Pouilles
Je le referais demain. Original, jamais monotone, dépaysant, et avec ce supplément d’âme que donnent les rencontres. Voilà pour l’enthousiasme :) Maintenant, à qui je le conseille.
Pour qui c’est fait, et pour qui ça ne l’est pas
C’est fait pour ceux qui veulent goûter aux Pouilles sans changer d’hôtel tous les jours. Pour les couples qui veulent casser la routine du duo grâce au groupe. Et pour les débutants qui acceptent de suivre le guide. C’est fait aussi pour ceux qui, comme moi, veulent leur liberté et sont prêts à préparer leurs trajets. Ce n’est pas fait pour ceux qui rêvent de descendre jusqu’au Salento. Depuis Fasano, trois boucles couvrent la vallée d’Itria et la côte, pas au-delà. Cependant, vous pouvez aussi prolonger le séjour comme je l’ai fait moi-même pour explorer le sud. Si vous craignez la chaleur, visez octobre. Mais si vous voulez tout voir en trois jours, vous serez frustré. Trois jours, ici, c’est trois villages par jour, et c’est déjà beaucoup.

Ce que je referais autrement
Je prendrais une seule Vespa pour deux. Nous avions fait ce choix car nous avions chacun nos énormes appareils photos à mettre dans le coffre. D’ailleurs, presque aucun couple du groupe n’en avait deux. Ensuite, je préparerais chaque trajet la veille au lieu de faire confiance au GPS. Puis, je ferais le supermarché dès le premier jour pour acheter de l’eau et moins dépenser à l’hôtel. D’autre part, je réserverais les dîners de la masseria dès le matin ou la veille. Et je garderais l’Early Pick-Up, qui permet de se familiariser avec la Vespa dès le premier après-midi. Même si la chaleur nous a finalement renvoyés à la piscine.
Si l’envie vous prend, le Vespa Trip dans les Pouilles se réserve ici. La saison 2026 affichait déjà complet mi-septembre, et les préinscriptions pour 2027 sont ouvertes. Si vous hésitez encore sur cette agence, j’ai raconté mes autres aventures Travelbase. Le canoë en Suède, l’Islande en 4×4 et tente de toit, la Namibie, l’Écosse et la Norvège. Et si vous aimez les voyages en véhicule atypique, mon week-end en 2CV dans le Luberon part du même principe : aller moins vite, mais mieux profiter.

Infos pratiques Vespa Trip Pouilles
Organisateur : Le Vespa Trip, par Travelbase. Saison mi août à fin octobre. Réserver son Vespa Trip >
Durée : 4 nuits, 5 jours, Vespa disponible 3 jours pleins ou plus. Early Pick-Up dès 14 heures le jour d’arrivée, Late Drop-Off jusqu’à 14 heures le jour du départ, 50 euros chacun.
Base : Masseria Don Sante, Contrada Martucci, 72015 Fasano. Piscine, restaurant, petit-déjeuner inclus, frigo dans les chambres. Restaurant fermé le dimanche soir. Cours de cuisine en option, 70 euros, à partir de six participants.
Prix 2026 : à partir de 590 euros par personne sur la base de deux par Vespa et par chambre. Options détaillées plus haut. Carburant non inclus, environ 30 à 40 euros par Vespa.
Permis : B ou A, 18 ans minimum, AM refusé. Permis international si permis hors Europe.
Aéroports : Bari, à une heure, ou Brindisi, à 45 minutes. Navette Travelbase 35 euros par personne et par trajet, uniquement le premier et le dernier jour.
Assurances : responsabilité civile incluse. Dommages à la Vespa, 89 euros pour ne pas laisser de caution de 500 euros. Assurance voyage Travelbase 39 euros, c’est celle que j’ai prise.



Questions fréquentes sur le Vespa Trip
Peut-on faire le Vespa Trip sans avoir jamais conduit de scooter ? Oui, avec le cours Start-to-Vespa de 50 euros le jour de l’arrivée, puis en suivant le guide les premiers jours. Je n’avais presque aucune expérience et j’ai roulé en liberté, mais avec un ami expérimenté à côté. Seule et sans cours, j’aurais suivi le groupe au moins la première journée.
Peut-on avoir chacun sa Vespa ? Oui, moyennant +130 euros par conducteur solo. Nous l’avons fait pour filmer. Pour un couple, une seule Vespa suffit largement, sans supplément et c’est ce que faisaient presque tous les autres.
Peut-on quitter le groupe en cours de route ? Oui, à tout moment, en prévenant les guides. Et dans chaque village, tout le monde est libre de son temps, groupe ou pas.
Quelle est la meilleure période pour le Vespa Trip dans les Pouilles ? Je ne peux parler que de la fin août/ début septembre, où nous avons eu 38 à 40 degrés et un beau soleil. La saison court jusqu’à fin octobre. Je viserais la seconde moitié de septembre ou octobre, quand la mer est encore chaude et les villages moins saturés. Mais bien entendu plus à risque pour le mauvais temps.
Le GPS de Travelbase est-il indispensable ? Non si vous suivez le guide. Utile si vous roulez libre sur les itinéraires pré-chargés. Inutile, voire piégeux, si vous saisissez vos propres destinations : préparez-les sur votre téléphone.
Mon verdict sur le Vespa Trip
Voilà ce que je retiens de ces quelques jours : des villages blancs découverts à mon rythme, un hébergement où l’on se sent bien dès la première soirée, et une bande de voyageurs avec qui j’ai partagé de vrais fous rires. Le Vespa Trip m’a donné exactement ce que je cherchais, de la liberté, du dépaysement et des rencontres. Si l’envie vous prend, réservez votre place sur le site du Vespa Trip avant que la prochaine saison ne se remplisse. Et pour prolonger l’aventure en voiture, de Polignano a Mare à Matera, je vous raconte tout dans mon road trip dans les Pouilles.


